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Le PCAET, qu’es aco ?

Bien peu, trop peu des habitants de notre Communauté de Communes s’intéressent à ce Plan Climat Air Energie du Territoire qui veut tracer des perspectives d’avenir en tenant compte des enjeux climatiques. Il y a certes eu des réunions préparatoires pour informer la population et lui demander un avis, des cabinets comme ECO2 Initiative pour pondre des plans d’action et les décliner, un Zoom le 24/02 avec les 4B (15 spectateurs pour 20 communes et environ 20.000 habitants) pour continuer à tenir les administrés au courant comme ils doivent l’être tout au long du processus… Voici quelques réflexions à propos de ce dernier échange auquel plusieurs membres de la section Attac ont participé avec tout d’abord une espèce de titre…

PCAET, un trip à la mode de quand ?

On nous pardonnera le mode quelque peu ironique du propos mais il voile l’amertume sincère qui étreint tout citoyen persuadé de la nécessité vitale d’un véritable virage écologique.

Nous avions proposé une « ceinture verte » pour la ville-centre de Barbezieux , c’est à dire des terres réservées protégeant la ressource en eau, vouées à des cultures maraîchères et biologiques, assurant une alimentation saine et locale. Nous nous contenterons de la portion congrue réservée aux productions du Centre Social. C’est tout au plus un mode minoré, une forme très modique de la conversion au bio, car pour le reste on continuera, sans sourciller et après en avoir littéralement augmenté le champ, tous ces traitements dits phytosanitaires pour lesquels le paysan manifeste un goût immodéré ! Il ne restera qu’à ériger une petite usine pour traiter l’eau…

Etes-vous de ces personnes incommodées par la pollution et les Gaz à Effet de Serre, les GES ? Vous serez bien aises de savoir à quoi elle est due sur le territoire des 4B  : les transports pèsent 57% de ces émissions dont 44% pour la seule RN10, la seconde place est fermement détenue par l’agriculture (mécanisée et chimique). On voudrait parvenir à des diminutions de 26% en 2030 et de 70% en 2050, mais la RN10 est exclue des calculs car « on ne peut rien y faire » selon le mot du Président…et il y a une difficulté quasiment insurmontable à faire baisser les maudites émissions agricoles !

Surtout, à ce sujet, la fameuse norme tant vantée « des bonnes pratiques agricoles » ou GAP au niveau mondial cache des exploitations financières violant les droits les plus élémentaires des travailleurs agricoles ( » Basta » de H Servel et P Müller). Et l’étude de vulnérabilité du territoire aux changements climatiques révèle que:

Terribles seront les conséquences de l’augmentation des besoins en eau pour l’agriculture (+13% à + 28%), la baisse des débits (20% à 40% avec pointes à 50%) et la prolifération d’algues liée aux phosphates et nitrates.

Baisse de la disponibilité en eau, augmentation des sécheresses, impact sur le développement de la vigne et baisse de productivité des prairies dressent un tableau redoutable pour tout notre Sud-Charente.

Il est envisagé de supprimer pour 2040 le chauffage au fuel trop polluant et sans doute démodé : nous avons compris qu’on pouvait s’accommoder de celui au bois, qui est certes une ressource locale mais il est ailleurs formellement déconseillé à cause des particules fines (?).

Eh bien, aux grands maux de grands remèdes : la CDC va devenir TEPOS, territoire à énergie positive. Nous avons un pouvoir énorme de séquestration des GES dans les sols et forêts) et en réduisant notre consommation en énergies de 20% pour 2030 et 50% pour 2050.

Nous ferons des économies sans modération dans le domaine de l’habitat (isolation, utilisation de matériaux bio-sourcés…) et surtout en développant sensiblement les énergies renouvelables : de l’éolien (un peu, pas trop, pas chez moi), du photovoltaïque (le Centre Equestre et des bâtiments publics , des ombrières, des initiatives privées…) et surtout pas de géothermique .

Là, nous nous sommes permis d’insister sur l’intérêt de cette ressource, importante dans notre sous-sol (et en témoignent le BRGM et les températures de certaines eaux de sources de surface comme celle de Font Chaude ou des Bruns qui sortent à 18-20°). Comme au moment du refus de la commune de Barbezieux il y a une quarantaine d’années, il est objecté une complexité avec une profusion de normes, un prix élevé (le double de celui d’alors) et un investissement technique lourd. On a même poussé l’argumentation jusqu’à considérer qu’un prochain et 3ème forage n’était possible à Jonzac que grâce à sa richesse , occultant que cette capacité financière est liée à ces investissements dans l’eau que nous n’avons pas voulu faire à l’époque et que nous ne ferons donc encore pas demain… Ni jamais ! ?

Alors grâce aux actions concertées de citoyens vigilants ainsi qu’à l’examen « apparemment » promis d’une évaluation sérieuse tous les 3 ans comme d’un ré-examen « éventuel » possible annuellement, toujours sous l’oeil aguerri de citoyens éclairés, les courbes qui se rejoignent si merveilleusement en 2050 pour équilibrer besoins énergétiques et énergies renouvelables seront effectives et non point un doux rêve de bureaux d’études si merveilleusement supplétifs de nos élus. (Voir l’exemple au niveau national du sort réservé aux propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat).

Nous ne prétendons pas avoir le mot de la fin ni le droit de prononcer l’oraison funèbre du PCAET de notre CDC 4B à la façon de l’Aigle de Meaux. Mais l’irréalisme de certaines prévisions, la modestie chronique et presque maladive des projets nous font terriblement craindre que toute cette ingénierie finisse dans les choux, à la mode de chez nous !

Ciné-débat – « Pour Sama » – mercredi 15 janvier 2020 – 20h – Le Club Barbezieux

Pour l’ouverture du Festival du Cinéma Indépendant, le Collectif Accueil Migrants Barbezieux, ATTAC16 et Cinémania propose un ciné-débat avec la projection du film « Pour Sama » de Wad al-Kateab, en présence de Anas Al Ali, journaliste Syrien.

Documentaire : Waad al-Kateab est une jeune femme syrienne qui vit à Alep lorsque la guerre éclate en 2011. Sous les bombardements, la vie continue. Elle filme au quotidien les pertes, les espoirs et la solidarité du peuple d’Alep. Waad et son mari médecin sont déchirés entre partir et protéger leur fille Sama ou résister pour la liberté de leur pays.

A la suite de la soirée, collation Syrienne (gâteaux, thé vert)

Tarif unique 4€