Archives pour la catégorie Agriculture

Ciné-débat « le Temps des Forêts » de François Xavier Drouet – Jeudi 13 décembre – 20h – Cinéma Le Club Barbezieux

 

Les « Bonimenteurs » et le groupe Attac de Barbezieux (section de l’ALB) organisent une soirée ciné-débat sur le thème de l’exploitation industrielle des forêts françaises et ses conséquences pour demain.

Le réalisateur François-Xavier Drouet, né en 1980, vit et travaille sur le plateau des Millevaches où a été tournée une partie de « Le Temps des forêts ».

Il est diplômé en sciences politiques et en anthropologie et il a suivi le master de réalisation documentaire de Lussas. Il est également co-auteur avec Téboho Edkins de Gangster Project (2011, 55′), et Gangster Backstage (2013, 38’).

« Symbole aux yeux des urbains d’une nature authentique, la forêt française vit une phase d’industrialisation sans précédent. Mécanisation lourde, monocultures, engrais et pesticides, la gestion forestière suit à vitesse accélérée le modèle agricole intensif. Du Limousin aux Landes, du Morvan aux Vosges, « Le Temps des forêts » propose un voyage au cœur de la sylviculture industrielle et de ses alternatives. Forêt vivante ou désert boisé, les choix d’aujourd’hui dessineront le paysage de demain. « 

Débat avec la présence de Thomas Modori, conseiller forestier
entrée: tarifs habituels

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« Le panier campagnard » l’agriculture biologique contre la pauvreté au Salvador

Suite à la visite de nos amis Salvadoriens venus nous parler du fabuleux défi de la « Canasta Campesina » (Panier Campagnard en français), vous trouverez ci-dessous un article traduit de « diario1.com » qui relate le début et les enjeux de cette aventure… 

(http://diario1.com/nacionales/2013/11/la-canasta-campesina-agricultura-organica-contra-la-pobreza-en-el-salvador/)

 

Un système novateur qui combine la production agricole biologique et la commercialisation anticipée est devenue l’espérance d’un bourg de l’ouest du Salvador appauvri par la baisse de ses productions traditionnelles comme le maïs, le haricot et le café.

Le « panier campagnard », nommé ainsi à sa création , implique 150 femmes et 50 jeunes de Comasagua, un bourg frisquet de 12.000 habitants enclavé dans la cordillère « el Bálsamo » à 1.070 mètres d’altitude et 30 km au sud de San Salvador.

Les familles pionnières de ce plan ont abandonné les cultures traditionnelles et cultivent maintenant par des moyens biologiques des fruits et des légumes, lesquels sont commandés à l’avance par le personnel des sièges diplomatiques et des organismes internationaux accrédités à San Salvador. Les excédents de production sont vendus sur un marché improvisé au Centre Culturel de l’Espagne.

Les Ambassades de France, d’Espagne et du Japon, la Délégation de l’Union Européenne, la Coopération japonaise, les Bureaux des Nations Unies et le Lycée Français, entre autres institutions, sont quelques uns des clients qui consomment les légumes produits sous ce système novateur.

« Quand toute la communauté s’est retrouvée sans travail parce que la « roya* » a fait perdre la récolte de café, le « panier campagnard » que nous produisons dans ces jardins potagers est une espérance » déclare à la AFP Mariana Santos, une campagnarde de 53 ans qui vit dans une maison de tôle, au sud de Comasagua.

Cette femme à la peau cuivrée et à la chevelure grisonnante montre avec fierté son potager où poussent de vigoureux radis, haricots, carottes, laitues et des plantes aromatiques comme le coriandre, et admet que comme tous les débuts, celui de ce projet ne fut pas simple.

Le principal défi fut de convaincre les associés que la production biologique était capable d’apporter la souveraineté alimentaire de la communauté et atténuer la pauvreté qui au Salvador avoisine les 34,5% des 6,1 millions d’habitants.

Patience, la clé !

Le processus de l’agriculture biologique commence au moment où les adhérents pénètrent dans une montagne distante pour ramasser la matière blanchâtre provenant des feuilles mortes et décomposées des bambous et les petits volcans de terre abandonnés par les fourmis connues sous le nom de « zompopos ».

De cette matière, on obtient « des microorganismes solides » qui constitue la base des bio fertilisants et pesticides utilisés dans l’agriculture biologique.

Sous un rustique toit de tôles, cinq personnes concoctent une « soupe » avec des résidus de riz et de mélasse auxquels ils ajoutent les microorganismes. Vingt-deux jours après, le mélange aura atteint le degré de décomposition nécessaire pour être appliqué sur les plantes, explique l’agronome Nelson Velasquez, chargé des formations.

 

 

 

 

 

 

 

Les unités productives vont des potagers familiaux de différentes tailles aux plantations plus vastes sous serres. Mais quelque soit la taille de la plantation, dans le projet, rien n’est improvisé : « Avec les commandes prises à l’avance, nous faisons le plan des semences », explique Ever Valle, un jeune de 21 ans qui coordonne la logistique du programme.

C’est un petit camion qui parcourt les rues sinueuses de terre de Comasagua et ses cantons pour collecter la récolte qu’on entrepose dans un local à côté de l’église évangélique du bourg.

« Ma fierté est de fournir des œufs de poule indienne, ils sont de pur amour », dit entre deux rires Noemi Hernandez, une septuagénaire du canton de « La Shila », à 20 km de Comasagua, qui en plus, fournit des oignons, des courges et de la menthe. A un autre point de la route en direction de La Shila, Norma Hernandez sort au passage du camion pour fournir une bonne cargaison de tomates, d’aubergines et d’œufs de cailles.

Au centre de stockage, les productions sont conditionnées avec soin et placées dans des paniers de trois dimensions pour lesquels les clients payeront de 10 à 20 dollars. Guadalupe Contreras, 38 ans et mère de 8 enfants, à qui on a  confié la tâche de livrer les paniers correspondants à l’Ambassade de France, dit : « Jamais je n’aurais pensé entrer dans une ambassade. Ce petit apport d’argent qu’ils m’ont donné, servira pour que les camarades continuent de cultiver » commente-t-elle à l’AFP, sans dissimuler sa joie.

Pour l’ambassadeur de France, Philippe Vinogradoff, l’initiative de production biologique est un projet fantastique pour affronter la pauvreté. « Le bon côté de cette initiative est qu’elle développe les circuits courts et garantis de la commercialisation » souligne pour sa part l’attaché de la Coopération de la Légation Française, Baptiste Violi.

Le créateur du programme, Jean Michel Fouillade, du Secours Populaire Français, a révélé que son institution a apporté un soutien au projet de 200.000 euros et l’Union Européenne de 400.000 euros de plus pour une période de trois années.
« Avec l’agriculture paysanne, biologique et durable, nous promouvons une économie équitable, sociale et solidaire », résuma J.M. Fouillade.

*la roya : La rouille du caféier, ou rouille des feuilles du caféier, est une maladie fongique qui affecte les caféiers causée par des champignons basidiomycètes.