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2021 : billet doux-amer

Le temps s’écoule trop vite malgré tout, dans l’ambiance morose liée au contexte sanitaire comme à la saison, alors que nous avons l’impression d’un carcan immuable et sans fin pour nos vies confinées… Ainsi il y a longtemps déjà, bien trop longtemps certes,  depuis notre dernier article sur ce blog. Mais insensiblement pour beaucoup, je vous l’assure, cher lecteur, dans ce surplace factice et insidieux des jours, beaucoup de choses ont sournoisement avancé.

Le groupe Attac de Barbezieux se refuse au confinement de la pensée et nous avons interrogé Monsieur le Maire de Barbezieux et Monsieur le Président de la Communauté de Communes des 4B à propos des problèmes rencontrés à l’école de notre ville et de la République. Beaucoup de soutiens à la laïcité s’étaient exprimés lors de l’hommage collégial à Samuel Paty et nous avions alerté nos responsables locaux sur l’impérieuse nécessité d’actes et d’investissements forts en accord avec ces engagements unanimes et oraux. Il a été répondu à notre sollicitation, ce qui la légitime et n’exclut nullement l’idée que nous jugerons de l’adéquation aux promesses sur pièces à venir.

Un peu avant la date limite  de la date de concertation publique (27 avril au 14 juin 20), nous avions adressé à la Chambre d’Agriculture de la Charente (tendance FNSA triomphante) une protestation constatant bien amèrement que les distances que nous appellerons « de sécurité relative » des traitements phytosanitaires administrés par nos paysans-soignants en bordure des zones habitées avaient pu être réduites, quasiment de moitié (voir notre article précédent). Ces Zones de Non Traitement instituées en janvier 2020 étaient donc aussitôt remises en cause après cette « fausse » concertation qui n’a reçu aucune publicité et devait déboucher sur des réunions avec les riverains, réunions que nous attendons toujours.

Depuis, on a fait encore mieux avec  la ré-autorisation des néo-nicotinoïdes (pour sauver les betteraviers) en octobre. Le poison du productivisme à tous crins fait peu à peu son œuvre suicidaire. Il faut signaler aussi que depuis la décision du Conseil d’Etat du 31/12/2020 les maires n’ont pas le droit de s’opposer à l’utilisation de produits phytosanitaires sur leur commune, alors qu’ils sont pourtant toujours responsables de la santé collective de leurs administrés. Oserai-je y ajouter l’interdiction faite à tout citoyen de s’opposer à la future 5G, à propos de laquelle aucune information ne sera donnée, aucune évaluation sanitaire fournie…

Nous avons aussi inscrit notre participation à la question très économique des licenciements boursiers en soutenant la lutte des Verallia à Cognac pour leur emploi d’abord, pour le maintien d’une filière verre locale ensuite. Les bénéfices des actionnaires d’un fonds « vautour » se font sur le dos de l’emploi et des perspectives industrielles et commerciales d’avenir en Charente (suppressions de postes et de fours), sans oublier les conséquences au niveau du climat par l’afflux de camions de livraison du verre venu des pays de l’Est.

Enfin, la quasi absence de réunions physiques, les problèmes plus ou moins aigus de chacun n’ont pas empêché notre section de l’ALB de s’intéresser de près à la montée en puissance des restrictions des libertés dans un contexte militaro-sanitaire prégnant et même inquiétant pour le citoyen baladé de privations en objurgations, contredites parfois dès le lendemain….

Nos petites troupes sont allées renforcer au chef-lieu et à toutes les occasions celles souvent bien maigres des résistants à l’oppression liberticide, dont nous avons tous les jours la preuve qu’elle ne concerne que tout un vain peuple !

Le sujet est vaste et mérite que des développements y soient apportés ; nous ne manquerons pas de le faire prochainement. Et en attendant,

               Contraints, trinquons !

A nous vint en substance, le modeste quatrain

 Conçu dans la sous-France, où nous sommes contraints

Pour que chacun compense, s’il se peut boute-en-train …

Tous laissés à nos sorts, d’amère tristesse étreints,

Nous voulons rir’encore, et même avec entrain

Epanouir nos corps, tout ça ne coûte rin !

Passagers sans raison d’un bien inique train

Avec tous ceux qui sont au commun sort astreints,

Bottons bien le jeun’ con, fort, en plein arrière-train.

S.T.

Riverains ou proches de surfaces agricoles …

Peut-être aviez-vous un avis à formuler à propos des épandages dans les campagnes barbeziliennes ?

Les associations comme les particuliers concernés par la charte dite riverains, fort nombreux en Charente, découvriront pour la plupart trop tard ce semblant de concertation publique, clos le 14 juin sur le site de la Chambre d’Agriculture Charente. Une publicité bien insuffisante a été faite de cette initiative : les tenants de la filière ont concocté manifestement presque seuls et dans l’entre-soi ces mesures de réduction des obligations écologiques des agriculteurs, sans participation des publics qui vivent au quotidien les nuisances imposées par les méthodes de culture modernes.

Il n’existe de plus pour les Charentais aucun contrôle possible, ni aucune information à attendre sur le nombre de réponses, les avis des riverains, les propositions  qui peuvent émerger de ces questionnaires électroniques. Le sentiment souvent partagé d’inutilité de toute participation s’est exacerbé au fil du temps et du mépris patent pour les opinions des simples citoyens.

Pour autant, notre section Attac de l’Amicale Laïque de Barbezieux refuse le principe et l’application de ces règles assouplies bien inconsidérément à son avis. Nos membres qui se sont déjà engagés sur la question de l’eau – et nul n’ignore quel gros problème c’est pour la ville de Barbezieux – subissent dans les communes et la campagne les méfaits des traitements invasifs et incessants infligés à la nature rebelle comme à leurs organismes innocents. Nous n’oublions pas le sort peu enviable des agriculteurs dont la raison est sans doute obscurcie par les questions de rentabilité immédiate  au détriment, hélas de plus en plus souvent, de leur propre santé.

Les  « bonnes pratiques » n’atténuent que très peu la dangerosité extrême de tous ces produits de plus en plus utilisés, vendus pour le profit de quelques grandes firmes avec l’aval de puissants syndicats sans souci des conséquences  dont certaines encore inconnues pour l’homme et l’environnement. La pression de ces groupes  est telle qu’il faudrait maintenant aménager encore les quelques règlements qui protégeaient un peu les voisins des cultures en rognant misérablement sur les Zones Non Traitées. Voilà quelques hectares reconquis de haute lutte pour mieux nourrir sans doute l’humanité avec des productions comme maïs, soja ou tournesol, tous évidemment soignés aux herbicides, pesticides et fongicides. Jusqu’à l’homicide ?

Nous nous opposons fermement à cette remise en cause de l’arrêté et du décret de décembre 2019 sur les Z.N.T. et souhaitons vivement que le bon sens conduise à l’interdiction de toutes ces molécules très dangereuses – cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques, perturbatrices endocriniennes etc. – pour en finir, en changeant de modèle agricole, avec cet attentat permanent et invisible à la santé des populations qui viennent à peine, faut-il le rappeler, d’échapper à la Covid19.

Protestation signée communiquée sur le site de la Chambre d’Agriculture de la Charente qui publiait cette « enquête ».